Dans un premier temps, la liberté c’est être libre, c'est-à-dire être dans l'état d'une absence de contraintes. D'où le problème essentiel de ce concept est de savoir comment vivre sans contrainte.
De facto, l'homme, de tous les jours, connaît l'expérience de l'acte libre, quand il parvient à échapper à une contrainte. Par conséquent, on peut considérer cette expérience sous trois approches, à savoir: subjective, objective et absolue.
Subjectivement, je suis libre quand j'ai décidé de faire un choix. Dans cette perspective, l'homme est la mesure de toutes choses, c’est le pouvoir anthropocentrique de la réalité humaine de créer ses propres valeurs. C'est pourquoi, comme le voulait Sartre, la réalité humaine est «condamné à être libre". De là, l'homme exprime sa liberté par son autonomie, en exprimant sa conscience, niant ainsi toute hétéronomie. Dans ces conditions, l'homme libre, c’est celui qui transcende tous les déterminismes. D'autre part, avec André Gide, être libre, c'est faire un acte "autochtone", c’est-à-dire un acte qui n’a aucun maître, exprimant ainsi le pouvoir de l'homme indéterminé.
Objectivement, je suis libre quand j'ai le pouvoir d'agir sur des objets en dehors de moi, que je puisse dominer. Ici, grâce à la science et la technologie, les hommes cherchent à devenir les «maîtres et possesseurs de la nature». Ainsi, à l'ère de la "technoscience", tout est permis à l'homme, qui cherche à tout modifier. Par exemple les OGM, la chirurgie esthétique, la transsexualité, etc. C’est l’ère marquée par la "mort de Dieu" et l'avènement du "Surhomme." Ce dernier veut transcender les lois de la nature, en imposant sa "volonté de puissance" afin de devenir pleinement autonome, car il n'a plus "ni Dieu ni Maître". De là, la liberté peut prendre place dans la vie politique, c’est la rupture avec le «théologico-politique". C'est pourquoi, être libre ici se résume à choisir librement et de manière autonome, la loi à laquelle je dois obéir. C'est ce que Rousseau exprime en disant: "l'obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté." D'où l'intervention de la notion d’Etat de droit, où les droits fondamentaux de l'Homme et du citoyen sont respectés. De là, le respect des droits de l'Homme devient le garant de la liberté, devenue "la lumière des hommes". Par conséquent, je ne suis plus obligé de me soumettre à une"théonomie", mais seulement à ma conscience, pour mes choix dans l'élaboration des politiques concernant tous les problèmes sociaux, dans un univers devenu laïque. Par conséquent, les chevaliers de la liberté préconisent, dans le monde entier, la création d'États démocratiques libérales, et ceci comme une mission messianique, parce que, comme Hegel l’a voulu, "l'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté".
De ces expériences subjectives et objectives de liberté, les métaphysiciens ont voulu développer l'idée de liberté absolue, comme un "mystère métaphysique" au coeur même de la réalité humaine. Toutefois, cette idée de liberté absolue n'est-elle pas un mythe?
Il semble, en effet, que dans le sillage de la science moderne, de certains systèmes philosophiques et de la théologie évangélique, la liberté, comme absolue, est discutable.
Tout d'abord, sur le plan physique, l'homme est soumis au déterminisme de la loi universelle de la "force gravitationnelle". Et aussi, à l'influence de la "force électromagnétique" et des forces nucléaires, dites "faibles" et "fortes". Sur le plan biologique, il est un être désigné à mourir. De facto, la réalité humaine est entièrement soumise aux quatre forces de la nature, et sa mort marque son impuissance vis-à-vis de la Nature.
Ensuite, la «technoscience», elle-même, qui semblait rendre les hommes comme «maîtres et possesseurs de la nature», les a plutôt rendu fous. D'où le cri de la bioéthique. C'est pourquoi Einstein a dit: " je ne croit point, au sens philosophique du terme, à la liberté de l'homme. Chacun agit non seulement sous une contrainte extérieure, mais aussi d'après une nécessité intérieure."De même, aux yeux des sciences sociales et humaines, l'homme est seulement un produit du déterminisme, de Marx à Freud, par le biais de Durkheim, il a été démontré que l'homme est essentiellement dépendant de sa structure historico-socio-psychologique.
Enfin, à la lumière du stoïcisme et du spinozisme, l'homme n'est qu'une partie de la nature, d'où l'idée de liberté absolue est seulement un leurre, la nature humaine est un attribut de la nature. De même, la théologie évangélique de Saint-Paul présente l'homme sous la double dépendance de la loi de "l'intelligence" et le droit de "péché". (Voir la Bible, Romains, VII, 20-24).
De ce qui précède, il est clair que la liberté humaine absolue est contestée, tant sur le plan physique que métaphysique.
Quelle est donc la véritable liberté? C'est la libération, pour l'homme, de sa propre réalité, à savoir l'esclavage vis-à-vis de la Nature et de sa propre nature. D'où l'homme vraiment libre, c’est "homo spiritus," c’est-à-dire l'homme-Dieu. Mais comment pouvez-nous devenir un homme-Dieu?
Merci. Que le DIEU de grace te soutienne egalement. Le DIEU d'Abraham d'Isaac et de Jacob, reste fidele a jamais.
Sois beni.
Lionel de JESUS